ORA-C elle/she
L’éternelle légèreté de la nature morte
2026, Brass, garnet, glass/Laiton, grenat, verre
Pièce 1: 12 x 10 x 28 cm
Pièce 2: 13 x 11 x 19 cm
Pièce 3: 10 x 13 x 16 cm
@oracjewelry
www.fr.ora-c.com
caro@ora-c.com
L’ÉTERNELLE LÉGÈRETÉ DE LA NATURE MORTE
Trois sculptures de laiton s’élèvent sur leurs pattes élancées, semblant flotter dans l’espace. Modelées de courbes et de textures évoquant des formes botaniques imparfaites, tantôt des pétales, tantôt des épines protectrices, ces créatures hybrides paraissent s’éveiller lentement, comme soumises au rythme étiré du temps. À la fois figées et en mouvement, des gouttes de verre suspendues suggèrent le bercement de pendules ou les exhalaisons d’une âme organique.
Chaque pièce est également sertie de petites pépites de grenat aux formes irrégulières, pierre dont le nom signifie « grain » ou « fruit », et utilisée en joaillerie depuis l’Antiquité pour sa symbolique de fertilité et de protection. Comme de petits organismes vivants prêts à éclore à tout moment, ces grenats rouges apportent également une touche d’ornement qui fait allusion à la richesse de ces objets-bijoux.
Tel un memento mori contemporain, ces sculptures précieuses représentent la beauté et les vanités, et nous rappellent l’arrivée inévitable de la mort. Ce triptyque explore les thèmes du cycle de la nature et du paradoxe de l’existence. À la fois éphémère et perpétuellement régénérative, c’est l’idée de l’éternelle transience, chère à la pensée de la Renaissance, qui propose une méditation sur le devenir.
Le laiton, lui, demeure. Matière quasi indestructible, il traversera le temps comme une relique d’une époque ancienne, retenant dans ses formes la mémoire des traces de mes doigts empreintes au cours de sa réalisation. L’éternité du créateur, peut-on croire.
CAROLINE PHAM
est une joaillière contemporaine basée à Montréal et fondatrice d’ORA-C. Autodidacte, elle développe depuis plus de dix ans une pratique de joaillerie sculpturale nourrie par un parcours entre Montréal, Hong Kong et New York, ainsi que par un diplôme en design industriel à Parsons The New School of Design (NYC).
Travaillant principalement à la cire perdue, elle crée des pièces aux formes botaniques, imprégnées de ses traces de doigts, dans une recherche de spontanéité et d’imperfection assumée. Ses métaux de prédilection — l’argent et le laiton, mais aussi l’or et le bronze — sont souvent sertis de pierres ou de perles qu’elle collectionne depuis des années. Son travail aborde les thèmes de la féminité, du cycle de la nature et du mystique du monde ancien.
Dernièrement, sa pratique cherche à dépasser la fonctionnalité du bijoux classique pour s’étendre vers des objets sculpturaux, en créant des trésors à plus grande échelle et en explorant ce que son identité de joaillière peut exprimer dans un format au-delà de la frontière du corps humain.
(English)
THE ETERNAL LIGHTNESS OF STILL LIFE
Three brass sculptures rise on slender limbs, appearing to float in space. Shaped by curves and textures that evoke imperfect botanical forms—at times petals, at times protective thorns—these hybrid creatures seem to awaken slowly, as if suspended in a lingering existence. At once still and in motion, suspended glass droplets suggest the sway of pendulums or the exhalations of a living soul.
Each piece is also set with small nuggets of irregularly shaped garnet—a stone whose name means “seed” or “fruit,” and which has been used in jewelry since Antiquity for its symbolism of fertility and protection. Like tiny living organisms ready to hatch at any moment, these red garnets also introduce an ornamental dimension that alludes to the richness of these jewel-objects.
Like a contemporary memento mori, these precious sculptures evoke beauty and vanity while reminding us of the inevitability of death. This triptych explores themes of the cycle of nature and the paradox of existence. Both ephemeral and perpetually regenerative, it’s the idea of eternal transience so dear to Renaissance thought, which suggests a meditation on becoming.
Brass, in contrast, endures. A nearly indestructible material, it will withstand time like a relic from an ancient era, retaining within its form the memory of my fingers imprinted during its making. The eternity of the creator, one might believe.
CAROLINE PHAM
is a contemporary jewelry artist based in Montreal, and the founder of ORA-C. Self-taught, she has developed a sculptural jewelry practice for over a decade, shaped by a trajectory between Montreal, Hong Kong, and New York, as well as a degree in industrial design at Parsons The New School of Design (NYC).
Working primarily with the lost-wax casting process, she handcrafts pieces with botanical forms marked by her fingerprints, embracing spontaneity and intentional imperfection. Her materials of choice—silver and brass, as well as gold and bronze—are often set with stones or pearls she has collected over the years. Her work explores themes of femininity, the cycles of nature, and the mystique of the ancient world.
More recently, her practice has sought to explore beyond the functionality of classic jewelry pieces toward sculptural objects, creating larger-scale treasures and exploring what her identity as a jeweler can express in formats that extend beyond the boundaries of the human body.